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Point de vue: beau père, parâtre, délégation autorité parentale  
Auteur : Jean-Louis Touchot
Publié: 2007/6/16
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beaupere

« beau-père » :Le nouveau compagnon de la mère peut-il faire un père ?

 

INTRODUCTION

 Le nouveau président de la République, qui a fait rentré à l’Elysée le principe de la famille recomposée a promis un statut du « beau parent »

 Dans notre société, percutée par des comportements sociaux de plus en plus individualistes, malgré la libération des mœurs depuis les années 68. la famille reste la cellule de base de l’éducation et de la cohésion sociale autour de laquelle s’opposent des représentations idéologiques divergentes sur le rôle et la place des parents, surtout lorsque le couple conjugal se sépare, laissant place souvent  à un couple parental conflictuel.

 Avec l’instabilité des couples conjugaux, on constate de plus en plus une précarisation  des liens familiaux : séparation, divorce, enfant avec un seul parent présent au foyer,(plus souvent la mère que le père) famille recomposée avec des enfants issus des unions successives, ses situations deviennent les normes de la famille du XXIème siècle. Entre 1995 et 2005, les divorces après moins d’un an de mariage ont quadruplé

Cette réflexion, n’a pas pour but de prendre parti dans un sujet où les convictions morales ou religieuses des individus sont très présentes, mais d’essayer à partir de ces nouvelles recompositions familiales, de réfléchir sur la fragilisation des liens familiaux en n’oubliant pas que ce qui fait une " famille", c’est principalement l’ enfant, et les liens qui se tissent autour de lui.

Aujourd’hui ce pose la question de l’autorité parentale, de la responsabilité des parents, et on constate que certains « institutionnels » mettent en cause « l’abandon » par des parents de leur rôle, sans prendre en compte que le choix de la forme que peut revêtir la constitution de la famille après une séparation du couple conjugal a pour corollaire la responsabilité reconnue aux parents, et les moyens qu’on leur donne pour l’exercer

S il est couramment admis, lorsque  le couple conjugal est uni que c’est au sein de la famille que s’acquièrent pour l’enfant les repères affectifs et sociaux qui constituent le socle du développement futur de l’individu, et que les fonctions du père et de la mère  différentes permettent à l’enfant de construire son identité, en cas de désunion conjugale, c’est l’inverse qui sera appliqué, la pratique courante admise d fixation de la résidence de l’enfant chez un parent (85% des cas la mère), entraîne  la désunion du couple parental, la fonction de la mère étant d’abord privilégiée auprès de l’enfant  celle du père étant secondarisé.

Alors que les solidarités familiales formaient un maillon essentiel du lien social au XX ème siècle, à l’aube du XXI ème siècle, beaucoup de parents démunis , dépassés, démissionnés, doutant de leurs compétences, sont seuls, sans solidarité familiale, avec des transmissions intergénérationnelles qui font défaut, du fait d’un éclatement de la famille, et de sa dispersion géographique.

 D’un autre côté, un mal-être croissant chez les adolescents est constaté par de nombreux observateurs de la société : isolement,perte des racines, l’accession des jeunes adultes à l’autonomie déjà remplie d’obstacles « économiques » : emploi, logement est aussi handicapée d’un manque de solidarité familiale.

Un statut de « nouveaux parents » parâtre, marâtre est il une solution pour récréer de la solidarité familiale ?r 

Lorsque le père biologique n’est pas défunt ou absent « volontaire » le nouveau conjoint de la mère doit il se substituer ?

 Sur le plan juridique, actuellement, le parâtre, et l’enfant sont des étrangers l'un à l'autre. Le parâtre n'a aucun devoir financier quant à l'entretien ou l'éducation du second, alors que marié avec la mère de l’enfant, il a le devoir conjugal vis-à-vis de celle ci, il doit participer aux charges du ménage.

 Malgré cette charge économique, il n'a pas l'autorité parentale, alors que l’enfant vit à son domicile. Il ne peut transmettre son patrimoine sans taxation fiscale maximum (60%) ce qui a pour conséquences des différences patrimoniales,si d’autres enfants sont issus de la recomposition familiale.

 Si ce projet de « statut » de « beau parent » peut paraître répondre à une nécessité sociétale, il faut y réfléchir car l’évolution des mœurs est changeante, seules les règles de la nature demeurent.

 Chacun à son identité, n’est ce pas dangereux mettre à égalité un parent biologique et un « beau parent » ? est ce qu ça ne risque d’avoir des effets pervers ?

 A mon sens il existe deux situations distinctes qui méritent de ne pas être généralisées en une seule.

 1.                    Le père biologique n’est plus présent

 Cette non présence peut avoir des raisons diverses : décès du père biologique, où décision du père de ne plus garder de contact avec l’enfant, par un renoncement clair et sans équivoque à ne plus vouloir participer a l’éducation de  l’enfant.

 Dans ces situations, on observe que le parâtre devient pour l’enfant  le substitut du père, qui souvent par le salaire qu’il apporte au foyer reconstitué, permet à l’enfant de mieux vivre, ce mieux être quelques fois légitime le « beau père  aux yeux de l’enfant, particulièrement si l’enfant fait des études, et si le « vrai père » ne participe pas financièrement à son entretien.

 Une reconnaissance et un devoir de solidarité va se créer entre l’enfant et son beau père, avec un lien  affectif qui concrètement sera inexistant et non reconnu sur le plan législatif, sauf à envisager une adoption simple.

 Dans ce cas faire coïncider le lien affectif, et le lien juridique me semble être une bonne chose.

2.                   Le père biologique est présent.

Dans les réunions d’accueil et d’écoute de pères séparés, on mesure la difficulté à faire cohabiter un père biologique et un « beau père ».

Dans son ouvrage(1) " a dans quinze jours"  Arnaud Guigue page 61-62 nous livre un témoignage émouvant de son ressenti : 

« Le beau-père, c’est l’autre. Peut-être est-il pour les enfants un autre père, cela je n’en sais rien, mais pour moi il n’est que l’autre.Je ne sais pour ainsi dire rien de lui. […] Il partage la vie quotidienne des enfants depuis que je suis séparé d’eux. J’ai le souvenir d’avoir beaucoup souffert de cette situation au début. J’enrageais qu’une personne anonyme puisse se substituer à moi aussi radicalement dans l’existence des enfants. Je craignais sincèrement, je crois, de me voir évincé et remplacé du même coup dans mes prérogatives de père. L’idée qu’il puisse se nouer une complicité entre cet inconnu et mes fils m’épouvantait. Il allait nécessairement les éduquer autrement que je ne l’aurais fait, il allait leur inculquer des valeurs contraires aux miennes, inévitablement il ferait tout pour les séduire et tenter, par exemple, de blaguer avec eux. Que mes enfants puissent rire de bon cœur avec lui m’apparaissait comme la pire chose qui pourrait m’arriver. […] Je regrettais sincèrement que cet intrus n’ait pas quelques défauts qui pourraient le rendre antipathique auprès des enfants. »

Souvent le père biologique, mis à distance par des droits de visite et d’hébergements restreints se sent supplanté par le nouveau compagnon de la mère, avec lequel son enfant passe plus de temps qu’avec lui, il a le sentiment que le « beau père» a usurpé sa place.

Puisque « l’autre » a tous les droits en pratique, puisqu’il est plus présent que lui auprès de l’enfant, certains pères s’interrogent sur l’opportunité après la séparation de continuer à remplir des responsabilités éducatives et/ou financières à l'égard de l’enfant.

Certains pères, plutôt que de rivaliser et de souffrir, au nom de l’intérêt de l’enfant, persuadés que compte tenu qu’ils ne seront reconnu« que père » donc second parent, renoncent à tous liens avec l’enfant, et tournent définitivement la page en le rayant de leur vie.

Dans d’autres situations ou le père veut rester présent, on observe quelquefois une difficulté pour l’enfant, qui déjà tiraillé dans un conflit de loyauté envers ses deux parents, voit apparaître un « troisième parent » d’autant plus qu souvent le beau parent pour ne plus faire face aux difficultés et contrainte d la situation essaie de « surplanté » le parent biologique.

Souvent à la demande du père biologique, les juges vont diminuer la pension du père qu'il doit verser pour l’enfant dit du « premier lit » le beau-père contribuant de fait à l'entretien de l’enfant de la première union de leur femme, ils sont légitimés.

3.                   Le père du XXIème siècle 

L’ensemble des études sociologiques, et aussi celles mesurant la pratique (Ipsos,Sofrès) montrent que les hommes s’impliquent de plus en plus dans leur paternité en étant plus disponibles,plus  proches, plus affectueux. Ils s’occupent d plus en plus de l’enfant, jouent avec lui, mêmes  si souvnt c sont encore les mères qui instaurent les contraintes éducatives.

La spécificité du rôle du père qui s’investi de plus en plus auprès de l’enfant, pose un problème pour notre société : on ne sait pas quel est son rôle exact, différend de la mère ? il s comporte avc un bébé différemment que la mère, est ce mauvais pour l’enfant ?

La notion traditionnelle de la figure paternelle qui dit le droit, est en train de se recomposer dans la société, et si on veut des pères qui s’impliquent auprès du jeune enfant pour permettre aux mères de s’impliquer dans la sphère privée, autre que familiale, il ne faut pas en faire des « fusibles » qui sautent et sont remplacés en cas de court circuit conjugal.

Il est important de construire une véritable fraternité autour de ce problème central de société qu’est devenu la parentalité.

Il
est nécessaire de faire changer les mentalités, en donnant des moyens réels pour que dans les faits, les pères après séparation du couple conjugal restent auprès de leur enfant.

Quelque soit les aléas sentimentaux et conjugaux, régulièrement en contact avec chacun de ses parents, ce n’est pas à lui de subir les conséquences du conflit conjugal de ses parents, comme la grande majorité des enfant le souhaite, il doit rester AVEC papa, et avec maman

L'image d’un papa, d’une maman et d’un enfant, doit être la référence de la famille pour un enfant, et non celle de plusieurs papas, de plusieurs mamans. Il est important qu’on favorise l’apprentissage de la vie en société, avec papa et avec maman, et non avec des parents d substitution.

Comme le souligne l’UNAF, un statut de « beau parent » serait une fausse bonne idée, car ce serait instituer une autorité parentale de fait, concurrente de l’autorité parentale légale, affaiblissant et restreignant l’autorité parentale du parent biologique, avec risque de générer de nombreux conflits et contentieux dont l’enfant subira en retour les conséquences.

Certes le « beau parent » dans les familles recomposées doit trouver sa place, mais ça doit être dans un accord partenarial avec les deux parents biologique, et non en se substituant à l’un des deux parents biologique, et dans le cadre et avec respect de l’autorité parentale du parent qui ne vit pas au quotidien avec son enfant

Il faudra aussi définir sa responsabilité concernant  les actes et décisions qu’il prendra auprès de l’enfant,à la place du parent biologique.

Il faut affirmer haut et fort, qu’en cas de sé

A dans quinze jours  Arnaud GUIGUE date de parution 14-03-2000, N° ISBN – 2227135212

Edition Bayard

paration du couple conjugal, le couple parental demeure, se sont d’abord les parents biologiques qui ont autorité sur l’enfant.

Conclusion

 Que le lien généalogique, biologique, ne soit pas toujours le lien affectif, ce n’est pas nouveau, mais il faut faire attention que au nom du bien de l'enfant, le fait sociétal ne domine pas le biologique, en faisant des règles ou l’enfant sera confronté à différents liens d'autorité en fonction des nouveaux liens conjugaux de ses parents

 Dans beaucoup de civilisations, de cultures ( Africaines, Sud « Le beau-père, c’est l’autre. Peut-être est-il pour les enfants un autre père, cela je n’en sais rien, mais pour moi il n’est que l’autre. Je Américaines) les enfants sont fréquemment élevés par d'autres que le père biologique

 Dans les grandes familles bourgeoises, au XVII,XVIII,XIX ème siècle la mise en nourrice,était pratiqué, le"fosterage", ou encore "nourrissage". sont aussi des pratiques très anciennes, ce qui montre que la mère n’a pas été toujours considérée indispensable pour l’enfant.

 Des familles recomposées il y en a eu toujours, suite à des veuvages, leur nombre était même probablement plus important aux siècles précédent  qu'à notre époque

 Si l'on doit opter pour une solution de statut de « beau parent », il faudra l’entourer de garanties sévères en matière de stabilité du lien de l’enfant avec ses deux parents biologiques, avant de permettre une délégation d’autorité parentale

 Il ne faudrait pas tomber comme on le dit dans certaines société ou se pratique la polyandrie« le père c’est celui qui le met dans la mère »

(1)  "A dans quinze jours"  Arnaud GUIGUE date de parution 14-03-2000, N° ISBN – 2227135212  Edition Bayard

 


 
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